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Rubin et les Legacy Surveys offrent deux nouvelles vues du ciel

Deux annonces institutionnelles publiées les 31 juillet et 10 août 2026 décrivent des produits astronomiques différents : Rubin a diffusé une image profonde du champ COSMOS, tandis que les DESI Legacy Imaging Surveys ont présenté une carte bidimensionnelle de près de quatre milliards d’objets. Il ne s’agit ni d’un seul résultat ni de produits ayant la même fonction : l’un combine des observations d’une région précise ; l’autre fournit une vaste référence pour localiser et sélectionner des objets.

Rubin et DESI élargissent le regard des observatoires terrestres
Illustration générée par IA

Données clés

  • Rubin a publié sa première image de la caméra LSST et un catalogue scientifique de COSMOS le 31 juillet 2026 ; NOIRLab a annoncé la mise à jour des Legacy Imaging Surveys le 10 août.
  • L’image de COSMOS combine des centaines d’observations de la caméra LSST de 3,2 gigapixels ; NOIRLab indique qu’elle contient plus de 500 000 galaxies et plus de 50 000 étoiles.
  • EDP2 rassemble des observations de validation recueillies d’avril 2025 à janvier 2026 et couvre environ 3 000 degrés carrés ; ce n’est pas l’ensemble du LSST.
  • La carte Legacy couvre environ 75 % du ciel, répertorie près de quatre milliards d’objets et contient 5,6 × 10^12 pixels ; elle combine 263 407 expositions de trois relevés terrestres.
  • La carte Legacy est bidimensionnelle. DESI mesure la lumière à différentes longueurs d’onde pour déterminer les distances et construire une carte tridimensionnelle des galaxies.

Fiches associées

Les images astronomiques servent à montrer le ciel, mais aussi à effectuer des mesures et à comparer des observations. Le 31 juillet 2026, le NSF–DOE Vera C. Rubin Observatory a publié sa première image de la caméra LSST et un catalogue à des fins scientifiques. Le 10 août, NOIRLab a annoncé une version actualisée des DESI Legacy Imaging Surveys. Ces initiatives sont distinctes et leurs produits n’ont pas la même portée. Les détails ci-dessous proviennent de l’annonce institutionnelle de Rubin et de la mise à jour des Legacy Imaging Surveys.

Une vue profonde du champ COSMOS

L’image de Rubin montre le champ COSMOS, situé dans la constellation du Sextant. Les astronomes étudient cette région depuis plus de deux décennies : les observations ont commencé avec le télescope spatial Hubble en 2003, puis des télescopes l’ont examinée à des longueurs d’onde allant des ondes radio aux rayons X. Le champ est orienté à l’écart du plan plus encombré de la Voie lactée ; moins d’étoiles proches et de nuages de poussière y masquent donc les galaxies lointaines.

L’image a été produite en combinant des centaines d’observations réalisées avec la caméra LSST de 3,2 gigapixels, installée sur le télescope de relevé Simonyi de 8,4 mètres. NOIRLab indique que le résultat contient plus d’un demi-million de galaxies et plus de 50 000 étoiles. On y voit des galaxies spirales et elliptiques, ainsi que des systèmes déformés par des fusions. Il ne s’agit pas d’une exposition unique : l’empilement d’observations crée une vue profonde de cette région du ciel.

La contribution prévue de Rubin ne se limite pas à reprendre une image d’un champ déjà connu. L’observatoire combinera profondeur, large couverture et visites répétées de COSMOS. Ces observations pourront compléter les travaux antérieurs et aider à étudier à la fois l’apparence des galaxies lointaines et les changements du ciel au fil du temps. Selon l’annonce, COSMOS fait partie des régions qui seront observées plus souvent que la plupart des zones du relevé LSST.

Ce que comprend l’aperçu de données de Rubin

L’image a été diffusée avec la première phase de la Data Preview 2 (EDP2) de Rubin. Cette publication rassemble des observations de validation scientifique recueillies entre avril 2025 et janvier 2026. L’annonce indique qu’elle fournit une image profonde combinée et des données couvrant environ 3 000 degrés carrés, soit près d’un sixième du ciel visible depuis l’hémisphère Sud.

EDP2 ne correspond pas à l’ensemble des données du LSST. Cet aperçu possède une valeur scientifique propre et permet aussi à la communauté scientifique de Rubin de tester des outils et de valider des produits de données avant le relevé de dix ans. Le LSST — Legacy Survey of Space and Time — est la mission principale de l’observatoire : observer le ciel à plusieurs reprises pendant une décennie. Ces visites répétées sont conçues pour étudier des objets et détecter des phénomènes transitoires ou variables, comme les supernovæ.

L’annonce, publiée en juillet, situait la deuxième phase d’EDP2 entre octobre et décembre 2026. Elle devait ajouter des produits issus d’images individuelles, des images de différence — qui montrent les changements détectés entre les observations — et des images de référence pour comparaison. Ce calendrier était une prévision, et non la confirmation que la phase était déjà disponible. L’accès décrit était ouvert aux chercheurs des États-Unis et du Chili, ainsi qu’aux titulaires internationaux autorisés de droits sur les données. La politique de l’observatoire prévoit que ces produits soient rendus publics après une période de propriété de deux ans.

Une carte bidimensionnelle de près de quatre milliards d’objets

La mise à jour des DESI Legacy Imaging Surveys, annoncée le 10 août, couvre environ 75 % du ciel en lumière visible et en proche infrarouge. NOIRLab indique qu’elle répertorie près de quatre milliards d’objets et contient 5,6 × 1012 pixels. Le public peut explorer la carte avec le Legacy Survey Sky Viewer ; le catalogue complet peut être interrogé comme une base de données via Astro Data Lab, qui fait partie du Community Science and Data Center de NOIRLab.

La carte rassemble des données collectées pendant 13 ans et combine 263 407 expositions provenant de trois relevés terrestres. DECaLS a utilisé la caméra DECam de 570 mégapixels sur le télescope Víctor M. Blanco de quatre mètres, à l’Observatoire interaméricain de Cerro Tololo, au Chili. MzLS a utilisé le télescope Nicholas U. Mayall de quatre mètres à Kitt Peak. BASS, du Steward Observatory de l’Université de l’Arizona, a observé avec le télescope Bok de 2,3 mètres à Kitt Peak et a été complété par des données de la mission spatiale WISE de la NASA.

Le catalogue comprend des étoiles, des galaxies, des trous noirs, des astéroïdes et d’autres objets. Sa nature bidimensionnelle est essentielle pour comprendre ce qu’il montre : il indique où les sources apparaissent et leur luminosité dans les images, mais ne fournit pas à lui seul les distances nécessaires pour les situer en trois dimensions.

Des images aux distances : le rôle de DESI

Les Legacy Imaging Surveys ont été réalisés à l’origine pour préparer le travail de DESI, le spectrographe de l’énergie noire. La carte d’images aide à sélectionner les objets et à déterminer où les observer. DESI mesure leur lumière à différentes longueurs d’onde afin de déterminer leurs distances et de construire une carte tridimensionnelle des galaxies. Les chercheurs peuvent utiliser cette carte pour étudier le regroupement des galaxies à différentes époques et suivre l’évolution de l’énergie noire.

L’annonce de NOIRLab indique que DESI a achevé son relevé initial de cinq ans en avril 2026, en avance sur le calendrier, et qu’il poursuivrait ses observations jusqu’en 2028. Elle évoque aussi des indications selon lesquelles l’effet de l’énergie noire pourrait s’affaiblir avec le temps ; des résultats améliorés pour les cinq premières années étaient attendus en 2027. L’annonce présente cette évolution possible comme une question encore à l’étude, et non comme une conclusion définitive.

Deux produits, deux portées différentes

L’image de COSMOS et la carte Legacy répondent à des besoins d’observation différents. Rubin combine des expositions pour observer une région précise en profondeur et y revenir afin d’étudier ses changements. La carte Legacy constitue une vaste référence qui aide à localiser et à sélectionner des objets pour des recherches comme celles de DESI. Le passage d’une image bidimensionnelle à une carte avec des distances dépend des mesures spectroscopiques de DESI, et non de l’image seule.

Les produits diffèrent aussi par leur accès et leur portée. EDP2 est un aperçu, et non l’ensemble du LSST ; l’annonce décrit un accès restreint pour certains de ses produits et une mise à disposition publique prévue après deux ans. La carte Legacy, en revanche, est présentée comme publique, mais ses positions et ses valeurs de luminosité ne sont pas des distances. Ces chiffres, caractéristiques et calendriers proviennent de communiqués institutionnels : ils décrivent les produits et le programme, mais ne constituent pas à eux seuls une évaluation scientifique évaluée par les pairs. Garder ces distinctions à l’esprit aide à comprendre ce que les observatoires apportent et quelles mesures supplémentaires sont nécessaires pour répondre à d’autres questions.