Données clés
- Hubble a confirmé le 16 mai 2016 un vortex sombre dans l’hémisphère sud de Neptune ; c’était le premier observé là au XXIe siècle, après des structures similaires détectées en 1989 et en 1994.
- En septembre 2015, OPAL a détecté une tache sombre près de nuages lumineux suivis depuis la Terre ; une observation ultérieure a confirmé qu’il s’agissait d’une structure de longue durée.
- Les vortex sombres sont des systèmes de haute pression, généralement accompagnés de nuages lumineux, et se distinguent en général mieux aux longueurs d’onde bleues.
- L’hypothèse concernant les nuages propose que l’air perturbé s’élève au-dessus du vortex et que les gaz gèlent probablement en cristaux de glace de méthane.
- Des images de 2015 à 2017 montrent des nuages dans la région où une Grande Tache Sombre est apparue en 2018. Selon les chercheurs, leur apparition deux ans plus tôt suggère une origine possiblement plus profonde.
- Une étude citée par l’AGU estime que de nouvelles tempêtes apparaissent tous les quatre à six ans et durent jusqu’à six ans, deux ans étant la durée la plus probable.
- Les vents à l’intérieur des vortex n’avaient pas été mesurés directement ; l’équipe citée par l’AGU estimait leur vitesse à environ 100 mètres par seconde.
Fiches associées
Sur Neptune, les nuages lumineux peuvent fournir un indice sur un phénomène plus difficile à observer : les grands vortex sombres de son atmosphère. En 2016, le télescope spatial Hubble a confirmé la présence de l’un de ces systèmes dans l’hémisphère sud de la planète. Cette observation a fourni un cas concret pour étudier le lien entre les taches sombres et les nuages qui les accompagnent, ainsi que ce que l’on peut déduire de cette relation.
Cet indice ne revient pas à observer directement la naissance d’une tempête. Les chercheurs avancent des explications sur la formation des nuages et sur l’origine profonde possible des vortex, mais ces processus n’ont pas été observés directement dans les images. Il est essentiel de distinguer ce que montrent les photographies de ce qu’elles suggèrent pour comprendre ce que l’on sait du temps qu’il fait sur Neptune.
Un vortex confirmé dans l’hémisphère sud
Les images de Hubble obtenues le 16 mai 2016 ont confirmé un vortex sombre dans l’atmosphère de Neptune. Selon la NASA, c’était le premier observé sur la planète au XXIe siècle. Des caractéristiques similaires avaient été détectées lors du survol de la sonde Voyager 2 en 1989 et par Hubble lui-même en 1994.
Sur l’image en lumière visible, la tache apparaît près et au-dessous d’un amas de nuages lumineux dans l’hémisphère sud. Son emplacement est important : il montre que la structure sombre et les nuages peuvent être présents dans la même région, même si l’image, à elle seule, ne démontre pas comment ils se sont formés ni quelle est exactement la relation physique entre eux.
La découverte a été annoncée le 17 mai 2016 dans un télégramme électronique du Bureau central des télégrammes astronomiques. Selon la NASA, Mike Wong, astronome chercheur à l’Université de Californie à Berkeley, a dirigé l’équipe qui a analysé les données de Hubble. La note de la NASA sur l’observation explique que le suivi ultérieur a permis de confirmer que la tache détectée par le programme OPAL correspondait à une structure de longue durée.
Pourquoi les nuages aident à repérer la tempête
Les vortex sombres de Neptune sont des systèmes de haute pression et sont généralement accompagnés de nuages lumineux. Ces nuages peuvent être visibles lorsque la tache sombre est plus difficile à voir. La NASA indique que les vortex se distinguent généralement aux longueurs d’onde bleues et que Hubble possède la résolution nécessaire pour observer ces structures sur Neptune, située à grande distance.
L’explication proposée pour les nuages est que l’écoulement de l’air environnant est perturbé et dévié vers le haut lorsqu’il passe au-dessus du vortex. Les gaz s’élèveraient et gèleraient probablement en formant des cristaux de glace de méthane, ce qui donnerait aux nuages leur aspect lumineux. Mike Wong a comparé les vortex à de grandes montagnes gazeuses et les nuages qui les accompagnent aux nuages orographiques qui se forment au-dessus des montagnes terrestres. Il s’agit d’une analogie destinée à aider à imaginer le phénomène, et non d’une affirmation selon laquelle les deux processus seraient identiques.
La présence de nuages lumineux sur Neptune avait été observée depuis la Terre à partir de juillet 2015 par différents observateurs, des amateurs aux astronomes de l’observatoire W. M. Keck, à Hawaï. Les astronomes ont soupçonné qu’il pouvait s’agir de nuages associés à un vortex sombre qui n’était pas encore visible. En septembre de cette année-là, le programme Outer Planet Atmospheres Legacy (OPAL), un projet de longue durée qui utilise Hubble pour produire chaque année des cartes globales des planètes extérieures, a détecté une tache sombre près de la région de ces nuages. Une nouvelle observation a confirmé la structure et permis d’établir une carte de meilleure qualité de la tache et de ses environs.
Ce que suggèrent les observations ultérieures
Un autre cas a fourni des indices sur la façon dont ces systèmes pourraient se développer. En étudiant des images de Hubble prises entre 2015 et 2017, l’équipe a identifié de petits nuages blancs dans la région où une nouvelle Grande Tache Sombre deviendrait visible en 2018. Les nuages sont apparus deux ans avant la tache ; ils ont également perdu une partie de leur luminosité lorsque celle-ci est devenue visible.
Les chercheurs ont interprété cette séquence comme un signe que les taches sombres pourraient prendre naissance plus profondément dans l’atmosphère de Neptune qu’on ne le pensait. La formulation est délibérément prudente : il s’agit d’une interprétation étayée par l’ordre chronologique des observations et par des modèles de l’atmosphère, et non d’une image directe de la naissance de la tempête sous les nuages. Les informations diffusées par l’Union américaine de géophysique décrivent cette analyse et distinguent l’observation des nuages de la conclusion sur une possible origine profonde.
Des tempêtes changeantes et des mesures encore nécessaires
Les taches sombres de Neptune n’ont pas toutes la même apparence ni le même comportement : elles varient en taille, en forme et en stabilité, peuvent se déplacer en latitude et accélèrent ou ralentissent parfois. Selon la NASA, elles apparaissent et disparaissent sur des durées beaucoup plus courtes que les anticyclones comparables de Jupiter, dont les grandes tempêtes évoluent pendant des décennies.
Une analyse d’images de Hubble et de Voyager 2 citée par l’AGU a estimé que de nouvelles tempêtes pourraient apparaître tous les quatre à six ans. Chacune pourrait durer jusqu’à six ans, même si une durée de deux ans a été jugée plus probable. Il s’agit d’estimations de fréquence et de durée, et non d’un calendrier permettant de prévoir l’apparition d’une tache donnée.
Les connaissances sur les vents sont également limitées. L’équipe citée par l’AGU a indiqué ne pas avoir mesuré directement la vitesse à l’intérieur des vortex sombres ; son estimation était d’environ 100 mètres par seconde. Les chercheurs ont indiqué que l’étude des changements de forme et des vitesses du vent contribuerait à mieux comprendre l’évolution de ces tempêtes.
Un indice, pas une observation complète de la naissance
Le vortex confirmé en 2016 montre comment les images de Hubble peuvent associer l’observation d’une tache sombre à celle des nuages lumineux voisins. OPAL a fourni des cartes globales annuelles et le suivi a permis de reconnaître la structure dans plusieurs observations. Les nuages offrent, à leur tour, un signal possible pour orienter les recherches lorsque le vortex est difficile à distinguer.
Dans leur ensemble, les éléments disponibles étayent un tableau partiel mais utile : les vortex sont des systèmes de haute pression, sont souvent associés à des nuages lumineux et présentent des comportements variés. La formation des nuages et la possibilité que les tempêtes prennent naissance en profondeur dans l’atmosphère sont des explications proposées à partir des observations. Le suivi continu permet de mettre ces interprétations à l’épreuve et de décrire plus précisément les changements météorologiques sur Neptune.